Alexei Goldmann
La physiologie du plaisir féminin
Fonts by «ParaType»
© Alexei Goldmann, 2025
Ce livre est votre laissez-passer pour un monde où vous êtes la souveraine de votre propre plaisir. Sans honte, ni mythes, ni complexes. Seulement de la science vulgarisée, des conseils pratiques et les récits intimes de celles qui ont parcouru le chemin, passant d’une femme en silence désespéré à une prêtresse confiante et passionnée de sa propre sexualité.
Prête à découvrir la femme authentique qui est en vous?
ISBN 978-5-0068-4024-9
Created with Ridero smart publishing system
Contents
ALEXEI GOLDMANN
LA PHYSIOLOGIE DU PLAISIR FÉMININ
Chapitre 1. L'étincelle intérieure. Pourquoi ce livre va bouleverser votre image de vous-même
Imaginez un instant que vous êtes une voyageuse intrépide. On vous a remis une carte, détaillée et colorée, indiquant toutes les mers, tous les continents et même les plus minuscules îles. Pendant des années, vous avez suivi votre chemin en vous y référant, essayant d’atteindre l’endroit marqué d’un croix brillante et alléchante. Vous avez navigué sur les océans de la fatigue, escaladé les montagnes du doute, pataugé dans les marais de la routine. Parfois, vous avez cru y être presque — la fin du monde semblait se dessiner à l’horizon –, puis une tempête d’incompréhension rejetait votre frêle navire loin en arrière. Et la croix restait un rêve inaccessible, un mirage dont vous commenciez à douter de l’existence.
Et si le problème n’était pas la navigatrice? Et si cette belle carte si détaillée était tout simplement fausse? Et si, depuis le début, elle avait été dessinée non pas par ceux qui connaissent le chemin du trésor, mais par ceux qui n’en ont entendu parler que de manière vague et ont inventé le reste? Baissant pudiquement les yeux et dessinant, à la place du véritable trésor, une pâle copie, inoffensive et totalement erronée.
Ce livre est une invitation à jeter l’ancienne carte. À la jeter avec un sentiment de soulagement, un léger sourire ironique et une liberté soudainement déferlante. C’est le plan d’une nouvelle carte, votre carte personnelle, qui va être tracée ici et maintenant, en s’appuyant sur la science, sur les histoires sans filtre d’autres femmes comme vous, et, surtout, sur la voix de votre propre corps. Une voix qui, peut-être, a longtemps été étouffée par le chuchotement des préjugés, l’écho retentissant des stéréotypes imposés et le silence assourdissant de l’ignorance.
Nous partons pour le plus fascinant des voyages — le voyage à l’intérieur de nous-mêmes. Notre objectif n’est pas un « bonheur» abstrait tout droit sorti des magazines glamour, mais une expérience concrète, réelle, qui vous bouleverse jusqu’au plus profond de l’âme, et qui est votre droit légitime dès la naissance. Il s’agit de l’orgasme. De ce pic, de cette culmination, de cette explosion, de cette fulgurance, de cette catharsis — appelez-le comme vous voulez. Il est aussi multiple que la nature elle-même, et tout aussi beau.
Pourquoi ce livre doit-il être écrit maintenant? Pourquoi ce sujet suscite-t-il encore un soupir gêné, un regard fuyant et une envie de passer à un sujet plus « convenable»? La réponse est évidente, mais nous osons rarement la prononcer. Parce que le plaisir féminin est une force. Une énergie profonde, vivifiante et créatrice. Et la force, surtout celle cachée dans le corps de la femme, a de tout temps été cherchée à être contrôlée, ignorée ou présentée comme quelque chose de complexe, d’embrouillé et de presque inaccessible. C’est bien plus pratique quand une femme voit sa sexualité comme un devoir, une obligation, un outil pour procréer ou obtenir un avantage. C’est bien plus rassurant pour l’ordre patriarcal quand elle perçoit elle-même ses orgasmes comme un complément optionnel, un « bonus agréable» qui peut ne pas arriver.
Mais les temps changent. Nous changeons. Aujourd’hui, nous pouvons en parler haut et fort, sans honte et sans peur d’être mal comprises. Nous pouvons nous appuyer sur les données de la neurobiologie, de la physiologie, de la psychologie, qui démontent les mythes un par un. Nous pouvons partager nos expériences et comprendre: ce que vous vivez (ou ne vivez pas) au lit n’est pas une « panne» unique de votre part, mais souvent la conséquence d’un silence et d’une ignorance séculaires.
Ce livre n’est pas un manuel d’utilisation rébarbatif. C’est une conversation confidentielle au coin du feu. Un dialogue sans tabou avec une amie qui a parcouru son propre chemin, du doute à la confiance, et qui est prête à vous soutenir. C’est une enquête où nous allons reconnecter la tête et le corps. Nous allons décortiquer notre anatomie (et vous serez agréablement surprise d’apprendre tout ce qu’on vous a tu lors des cours de biologie!). Nous allons explorer les recoins de notre cerveau — le principal organisateur d’orgasmes et, en même temps, son principal saboteur. Nous comprendrons pourquoi, parfois, malgré tous nos efforts, rien ne se passe, et ce qu’il faut faire.
Nous parlerons des partenaires. De comment leur expliquer ce que nous voulons, sans blessure ni accusation. De comment distinguer celui qui veut vraiment nous combler de bonheur, de celui qui joue simplement un rôle. Nous parlerons d’amour et de la question de savoir si l’on peut connaître une jouissance paradisiaque avec une personne pour laquelle on n’a pas d’affinités.
Nous démantèlerons les mythes les plus tenaces. Sur le point G, sur l’orgasme vaginal et clitoridien, sur ce qui est « normal» ou non. Nous aborderons des thèmes que beaucoup ne font que chuchoter: les orgasmes multiples, les éjaculations féminines, les orgasmes spontanés et ceux qui viennent dans les rêves.
Et le plus important — nous allons pratiquer. Ce livre vous demandera non seulement de lire, mais aussi d’agir. Il titillera votre curiosité, vous provoquera à l’expérimentation et vous appellera à vous écouter. Il y aura des exercices à faire seule (et il faut le faire!) et d’autres qui demanderont du courage pour en discuter avec un partenaire.
Pourquoi puis-je en parler? Je ne suis ni une gourou, ni détentrice de la vérité absolue. Je suis une guide. J’ai rassemblé dans ce livre l’expérience de sexologues, de psychologues, de physiologistes et, chose importante, de dizaines de femmes qui ont partagé leurs histoires — drôles, tristes, franches, touchantes et inspirantes. J’ai aussi parcouru mon propre chemin, de la sensation que « quelque chose n’allait pas chez moi» à l’acceptation et à la compréhension des mécanismes de mon propre plaisir.
Mon premier souvenir conscient lié à ce sujet n’est pas l’extase, mais une profonde confusion. J’avais environ dix-sept ans, et après une nouvelle tentative maladroite avec mon petit ami de l’époque, j’étais assise dans la salle de bain, en larmes. Pas de douleur ou de rancoeur. Par un sentiment d’infériorité. Tout autour — dans les films, les livres, les conversations entre amies — criait à une félicité universelle, tandis que je ne ressentais qu’un vague malaise et une déception lancinante. « Je dois être frigide», avais-je décidé à l’époque. Cette étiquette collante et désagréable m’est restée longtemps.
Aujourd’hui, je comprends que le problème n’était pas en moi. Le problème était une cécité et une surdité absolues. Je ne connaissais pas mon corps. J’attendais que le plaisir vienne à moi de l’extérieur, comme par magie, sur un simple signe je devais exploser de ravissement. Je ne savais pas que cela nécessitait la participation active de mon esprit, de mon cœur et de mes mains. Que le chemin vers le pic ne commence pas dans le lit avec un partenaire, mais dans la tête et le cœur de la femme elle-même.
C’est par là que nous allons commencer. Par votre permission personnelle d’être heureuse. Par votre droit au plaisir. Par votre curiosité, que nous allons transformer en une aventure des plus passionnantes.
Êtes-vous prête à partir à la recherche de la vraie carte? Prête à découvrir que votre corps n’est pas un ennemi cachant une rancune, mais votre allié le plus fidèle et le plus généreux? Prête, enfin, à entendre ce cri silencieux de votre chair que vous avez étouffé pendant des années?
Si oui — tournez la page. Notre voyage commence.
Je vous promets, ça va chauffer.
Chapitre 2. L’anatomie de l’extase. Le clitoris: le héros de cette histoire
Si notre voyage est une enquête policière, et le plaisir le but de nos recherches, alors il est temps de faire connaissance avec le personnage principal, la pièce maîtresse de cette affaire. Celui qu’on a forcé pendant des siècles à rester dans l’ombre, qu’on a caché derrière des termes complexes, ou carrément effacé des pages des manuels. Faites-lui connaissance: le clitoris. Votre guide personnel dans le monde de l’extase, votre allié le plus fidèle et dévoué, l’architecte de votre jouissance.
Cela semble pompeux? Pas du tout. C’est simplement un constat. Et le premier fait que nous devons assimiler est le suivant: le clitoris est le seul organe du corps humain dont la seule et unique fonction est de procurer du plaisir. Méditez cela. Pas la procréation, pas l’excrétion, mais du pur plaisir, concentré, divin. Il est conçu pour cela. Et si, jusqu’à aujourd’hui, vous vous le représentiez comme un modeste « petit pois» à peine visible là en bas, préparez-vous à une révolution de conscience.
Notre enquête commencera par un petit détour historique. Pourquoi parle-t-on si peu d’un organe aussi important? La réponse, hélas, est évidente. L’anatomie masculine a toujours été visible, un sujet de fierté et d’étude. L’anatomie féminine était un secret bien gardé, un territoire obscur qu’au mieux on ignorait pudiquement, au pire que l’on déformait intentionnellement. Longtemps, dans les milieux médicaux, une opinion étonnante a persisté, selon laquelle l’orgasme féminin était lié à… l’utérus. Vous imaginez? Un noble mais parfaitement insensible sac musculaire était désigné comme responsable du plaisir. Le clitoris, quant à lui, était mentionné en passant, comme un appendice rudimentaire et insignifiant, un analogue du pénis qui n’aurait pas atteint sa pleine maturité.
Cette erreur monstrueuse, ce silence intentionnel, a engendré le principal mythe du XXe et même du XXIe siècle — le mythe de l’orgasme vaginal. Cette idée qu’une femme doit ressentir un plaisir intense uniquement grâce à la pénétration, par la friction contre les parois du vagin. Des milliers et des milliers de femmes qui ne le ressentaient pas se sentaient déficientes, cassées, anormales. Elles souffraient en silence, s’en voulaient, plutôt que de remettre en cause un système de connaissances vicié qui avait substitué les concepts.
Mais assez d’histoire. Tournons-nous vers les faits. Il est temps d’allumer la lumière et d’examiner, enfin, notre héros dans toute sa splendeur.
Voici: le Clitoris 2.0. Pas un petit pois, mais un iceberg.
Voici le deuxième fait, le plus important: ce fameux « petit pois», le gland du clitoris, que vous pouvez sentir sous son capuchon à la jonction supérieure des petites lèvres — ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. La partie visible ne représente qu’environ 10% de l’organe entier! Imaginez un lotus luxuriant et fleuri. Ce que vous voyez à la surface de l’eau, c’est sa magnifique fleur. Mais sous l’eau se cache un système racinaire puissant et ramifié qui le nourrit et le soutient. Il en va de même pour le clitoris.
De son gland visible, profondément dans le corps, en direction du vagin et du périnée, s’étendent deux « racines» — les piliers (crus clitoridis). Ils entourent le vagin comme un fer à cheval, ou, si vous préférez, comme une paire d’ailes. Ils sont constitués du même tissu érectile que le pénis, et se gonflent de sang lors de l’excitation, augmentant de volume. C’est pourquoi la stimulation du clitoris procure des sensations si profondes, si pleines, venant de l’intérieur — parce que tout ce complexe caché s’éveille et répond.
Mais ce n’est pas tout. Notre héros a d’autres parties. Le corps du clitoris (corpus clitoridis), qui est la continuation du gland. Et, attention, les bulbes du vestibule (bulbus vestibuli) — deux lobes de tissu spongieux situés à l’entrée du vagin, qui se gonflent également de sang et sont responsables de cette agréable sensation de plénitude et de pression lors de l’excitation.
Comprenez-vous l’ampleur? Tout cet organe complexe, magnifique et immense, fonctionne comme un système unifié pour vous offrir la béatitude. Lorsque vous caressez le gland du clitoris, vous envoyez des ondes de plaisir à travers toutes ses parties cachées. Vous réveillez un géant endormi.
Pourquoi cette connaissance change-t-elle tout?
Prendre conscience de la taille et de la fonction réelles du clitoris est la clé qui déverrouille une porte qui semblait auparavant fermée à double tour.
Cela enlève la culpabilité. Vous savez désormais avec certitude: si la pénétration seule ne vous mène pas à l’orgasme, vous n’êtes pas cassée. Simplement, votre principale source de plaisir est à l’extérieur. Ce n’est pas une anomalie, mais une norme absolue, prouvée par la science. La grande majorité des femmes atteignent l’orgasme grâce à la stimulation du clitoris, et non du vagin.
En comprenant votre anatomie, vous cessez d’être une participante passive du processus. Vous savez où chercher la source de jouissance et comment la gérer. Vous passez d’invitée dans votre propre corps à maîtresse de maison.
Cela change l’accent de la pénétration vers le jeu. En connaissant le rôle du clitoris, le sexe cesse d’être un marathon de la pénétration. Il se transforme en un champ infini d’expérimentations, de caresses, de découvertes, où la pénétration n’est qu’un outil de plaisir parmi tant d’autres, et certainement pas sa culmination ni son unique but.
Faire connaissance en pratique. Votre premier devoir maison.
La théorie sans pratique est morte. Je vous propose donc non seulement de lire ce texte, mais de faire une petite découverte très importante. Vous aurez besoin d’intimité, d’un bon éclairage et… d’un petit miroir.
Asseyez-vous confortablement. Détendez-vous. Pas de précipitation. Votre objectif n’est pas de vous exciter, mais de faire connaissance. Comme vous examineriez votre oreille ou votre coude, avec la même curiosité d’exploratrice.
Approchez le miroir et regardez. Attentivement, sans hâte. Observez vos lèvres — grandes et petites, leur forme et leur couleur uniques. Trouvez ce fameux capuchon. Touchez-le doucement, avec délicatesse. Maintenant, écartez-le et regardez le gland du clitoris. Il a un aspect différent chez chacune: chez certaines, il est plus prononcé, chez d’autres, presque entièrement caché. Il peut avoir la taille d’un petit pois ou d’une tête d’épingle. Tout à fait normal.
Touchez-le. Sentez simplement sa texture. N’attendez pas d’éclairs ni de feux d’artifice. Pour l’instant, vous dressez la carte, vous ne voyagez pas encore. Saluez cette partie de vous que vous n’avez peut-être jamais vue ni connue. Dites-lui: « Bonjour, je suis là pour faire ta connaissance.»
Ce simple acte, en apparence, devient pour beaucoup de femmes une véritable révélation, un moment décisif. C’est un acte d’acceptation et de reconnaissance. La reconnaissance que votre corps est magnifique, complexe et digne d’être étudié et aimé.
Le clitoris n’est pas un détail honteux, une erreur de la nature. C’est un diamant qui attend d’être taillé. C’est le bouton de lancement de la fusée de votre jouissance. Et maintenant, vous savez où il se trouve. Vous avez rencontré le héros de notre histoire. Et ce n’est que le début. La suite est encore plus intéressante.
Dans le prochain chapitre, nous irons encore plus loin et découvrirons ce qui se passe à ce moment précis avec tout votre corps et, surtout, avec votre cerveau. À quoi ressemble l’orgasme de l’intérieur, d’un point de vue scientifique. Préparez-vous à être surprise.
Chapitre 3. Qu’est-ce que ce « O»? La science du pic
Si dans le chapitre précédent nous avons posé les fondations en rencontrant l’architecte en chef du plaisir, il est maintenant temps de regarder le bâtiment terminé. Ce moment précis où tous les éléments s’assemblent en une structure parfaite et où a lieu l’inauguration solennelle — feux d’artifice, salves, liesse générale. Il s’agit, bien sûr, de l’orgasme. De ce « O» mystérieux que certains vénèrent, d’autres cherchent, d’autres imitent, et d’autres ne croient plus en son existence.
Soyons francs. Que savez-vous vraiment de l’orgasme? Pas ce que montrent les films pornos de mauvaise qualité — avec des gémissements artificiels, des convulsions et des éclaboussures de champagne obligatoires. Mais ce qui se passe réellement? La plupart d’entre nous le décrivent comme « quelque chose de génial», une « explosion», des « vagues de plaisir». Mais qu’y a-t-il derrière ces métaphores poétiques? Que se passe-t-il à cet instant à l’intérieur du corps, dans chaque cellule, dans les recoins les plus secrets du cerveau?
Il est temps de regarder dans les coulisses du plus grand spectacle que votre corps puisse vous offrir en privé. Et croyez-moi, l’explication scientifique n’en diminue en rien la magie. Au contraire, elle le rend encore plus grandiose, réfléchi et véritablement enchanteur.
Le corps en feu: la symphonie physiologique
L’orgasme n’est pas de la magie. C’est le pic ultime de la réponse sexuelle, un acte réflexe complexe, contrôlé par le système nerveux autonome. C’est l’accord final d’une symphonie interprétée par tout un orchestre de vos organes, muscles, nerfs et hormones.
Le processus entier peut être divisé en plusieurs phases, bien qu’en réalité elles se fondent l’une dans l’autre de manière fluide.
Phase d’excitation. L’orchestre accorde ses instruments. Le cerveau, ayant reçu un signal (toucher, images, odeurs, fantasmes), donne l’ordre: « Alerte! Niveau de préparation maximum!». Les vaisseaux sanguins de la région pelvienne se dilatent, l’afflux de sang vers les organes génitaux augmente fortement. C’est ce qu’on appelle l’érection du clitoris (il grossit et devient plus ferme) et du vagin (ses parois gonflent et se lubrifient avec une sécrétion spécifique). Le pouls s’accélère, la tension artérielle augmente, la respiration devient plus profonde. Le corps se prépare pour l’événement principal.
Phase du plateau. La musique monte en puissance, devient plus forte et plus intense. Le corps se fige dans cette attente tendue. La tension musculaire atteint son apogée. Le clitoris devient hypersensible. C’est le point de non-retour. Beaucoup se figent à ce moment, leur conscience se rétrécit, le monde autour cesse d’exister. Il n’y a plus que cette attente brûlante et douce.
Phase de l’orgasme. Et voilà, l’explosion. Le chef d’orchestre lève sa baguette et l’orchestre joue son accord le plus puissant et assourdissant.
Muscles. Une série de contractions rythmiques, involontaires et incroyablement agréables des muscles du plancher pelvien (autour du vagin) et de l’utérus se produit. Ces contractions vont par vagues, à un intervalle d’environ 0,8 seconde. Il peut y en avoir de 3 à 15, parfois plus. Ce sont ces vagues que nous percevons comme des pulsations de plaisir.
Cerveau. À ce moment, un véritable feu d’artifice se produit dans le cerveau. Nous y reviendrons un peu plus tard.
Corps. Le visage peut rougir, le corps se couvrir de sueur. Les muscles des pieds et des mains se contractent convulsivement (d’où les mouvements de préhension involontaires, les orteils qui se « bloquent»). La respiration devient saccadée et rapide, le cœur bat la chamade. Des sons involontaires sont émis — gémissements, cris, sanglots. C’est absolument normal et physiologique — c’est ainsi que le corps libère une tension colossale.
Phase de résolution. L’arrière-goût. Le feu d’artifice est terminé. Une agréable et bienheureuse langueur s’installe. Les muscles se relâchent, le sang quitte les organes génitaux, le corps retourne lentement à son état normal. Une vague de sérénité, de bonheur, et parfois une légère tristesse que ce soit fini, vous submerge. Beaucoup de femmes décrivent cet état comme un « vide béat» et un « calme absolu».
La bataille royale dans la tête: la neurochimie du bonheur
Et maintenant, le plus intéressant. Pendant que votre corps se tordait dans des convulsions de plaisir, votre tête vivait quelque chose d’inimaginable. Le cerveau pendant l’orgasme est l’usine chimique la plus avancée au monde, produisant les drogues les plus puissantes que l’on puisse imaginer. Et elles sont toutes naturelles, légales et offertes par la nature.
Faisons connaissance avec les principaux « DJ» de cette fête :
Dopamine — le roi de l’anticipation. C’est le neurotransmetteur du plaisir, de la motivation et de la récompense. Il inonde le cerveau pendant les phases d’excitation et de plateau, vous donnant envie de toujours plus. C’est lui le responsable de cette douce et presque douloureuse langueur et de ce désir. Il crie: « Allez, encore, ne t’arrête pas, le but est proche!».
Ocytocine — l’hormone de l’amour et de l’attachement. Sa libération est extrêmement puissante au moment de l’orgasme. Elle est responsable de ces sentiments de tendresse, de confiance, d’union avec le partenaire qui vous submergent après la culmination. Elle a envie de câlins, de baisers et de regards profonds. C’est elle qui rend le sexe avec la personne aimée si intense émotionnellement et qui nous attache à notre partenaire. On l’appelle parfois la « molécule de la moralité» ou l’« hormone du câlin».
Endorphines — la morphine interne. Ce sont des analgésiques et des antidépresseurs naturels. Leur libération explique l’euphorie, l’atténuation de toute douleur (maux de tête, menstruelle) et cette bienheureuse détente après l’orgasme. Elles procurent un sentiment de paix et de satisfaction.
Sérotonine — le régulateur de l’humeur. Son niveau augmente également, contribuant à la sensation générale de bonheur et de bien-être.
Noradrénaline — responsable des tremblements. C’est elle qui fait battre votre cœur à tout rompre et fait monter votre tension artérielle. Elle est responsable de l’excitation intense et de ces contractions musculaires involontaires.
Et que se passe-t-il avec « l’architecture» même du cerveau à ce moment? Les études d’IRM fonctionnelle montrent une image étonnante. Pendant l’orgasme féminin, on observe une baisse drastique de l’activité dans le cortex préfrontal. Ce sont les zones du contrôle de soi, de la pensée critique, de l’évaluation et de l’anxiété. En clair, votre « éditeur interne» qui s’inquiète constamment de votre apparence, du volume de vos gémissements et d’avoir éteint le four — s’éteint complètement. Le cerveau se permet de perdre le contrôle.
Simultanément, le système limbique — la partie ancienne du cerveau responsable des émotions, des instincts et de la mémoire — s’illumine comme un sapin de Noël. C’est pourquoi les sensations sont si vives, animales, et que des images oubliées depuis longtemps remontent soudain à la surface.
Démanteler les mythes: à quoi ressemble un orgasme « normal»?
En connaissant toute cette mécanique complexe, il est tout simplement ridicule d’écouter certains mythes répandus.
Mythe 1: L’orgasme doit être long et puissant, « comme au cinéma». En réalité, les orgasmes sont très variés. Courts comme un éclair, ou longs comme des vagues lentes. Profonds, venant de l’intérieur, ou concentrés en un point. Silencieux ou bruyants. Toutes les variantes sont normales.
Mythe 2: Il doit arriver simultanément avec la pénétration. Comme nous l’avons découvert, pour la majorité des femmes, la clé de l’orgasme est le clitoris. Un orgasme pendant la pénétration sans stimulation clitoridienne supplémentaire est une chance rare, pas une règle.
Mythe 3: Il est impossible de le manquer. En réalité, certaines femmes, surtout au début de leur parcours, ressentent ce qu’on appelle des « mini-orgasmes». Les sensations sont moins intenses, moins culminantes, plus floues et courtes. On peut même ne pas les remarquer, les considérant simplement comme un moment agréable. Mais c’est déjà un début. C’est déjà une victoire.
Comprendre la science de l’orgasme ne lui enlève pas son mystère. Au contraire, cela nous donne une carte au trésor. Quand vous savez ce qui se passe à l’intérieur, vous cessez d’être une spectatrice passive et devenez la réalisatrice de votre propre plaisir. Vous pouvez consciemment « nourrir» votre cerveau d’images agréables pour booster la dopamine. Vous pouvez vous concentrer sur votre respiration pour augmenter l’afflux sanguin. Vous pouvez détendre votre cortex préfrontal en arrêtant de contrôler chaque seconde.
L’orgasme n’est pas un don des dieux, accordé à quelques élues. C’est un processus physiologique complexe mais absolument accessible. Votre cosmos intérieur personnel, prêt à exploser en supernova à votre demande.
Dans le prochain chapitre, nous redescendrons des cieux sur terre et affronterons les principaux ennemis de ce processus. Nous étudierons les « bloqueurs» — ceux qui empêchent la symphonie de jouer à pleine puissance. Préparez-vous à rencontrer les antagonistes de notre histoire.
Chapitre 4. L’orgasme fantôme. Pourquoi n’arrive-t-il pas? Les principaux « bloqueurs»
Nous arrivons à la partie la plus sombre, mais non moins importante, de notre enquête. Si les chapitres précédents étaient consacrés à la lumière et à la joie — comment tout devrait fonctionner dans un monde idéal — nous descendons maintenant au sous-sol. Nous allumons notre torche et éclairons ces cafards, ces fantômes et ces monstres qui se cachent dans les coins et nous chuchotent à l’oreille: « Tu n’y arriveras pas. Tu n’es pas comme il faut. Résigne-toi.»
Ce chapitre n’est pas une raison de désespérer. Au contraire. C’est l’inventaire de l’armée ennemie. Une analyse claire et détaillée des forces qui nous empêchent d’atteindre notre but tant désiré. Connaître son ennemi, c’est déjà être à moitié victorieux. Nous ne nous cacherons pas de ces « bloqueurs». Nous les nommerons un par un, étudierons leurs méthodes et comprendrons comment les priver de leur pouvoir.
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